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RETOUR SUR LA JOURNÉE DE L'AFL 2022


RETOUR SUR LA JOURNÉE DE L'AFL 2022

L’AFL a organisé ce jeudi 16 juin son événement annuel, la Journée de l’AFL, tenue cette année à l’espace du Centenaire dans le 12ème arrondissement de Paris. 120 participants, élus, experts des secteurs de la finance ou du monde local, journalistes, se sont rencontrés à l’occasion d’une journée, animée par Jean Dumonteil, consacrée au thème : « Finance verte, Santé financière des collectivités, Quelles perspectives pour les collectivités locales à l’aune de la crise ? »

L’événement a commencé par une table ronde consacrée aux obligations durables : quelle dynamique et quelles perspectives pour la finance verte ?  Autour de Thiébaut Julin, Directeur financier et membre du Directoire de l’AFL, étaient réunis Damien de Saint-Germain, Responsable Recherche Crédit et ESG, CACIB, Thomas Girard, Directeur des Investissements Verts et Soutenables chez Natixis, et Hervé Guez, Directeur Recherche Investissement chez Mirova. Parmi les constats dressés de la situation actuelle, les participants ont relevé l’avance de l’Europe en matière de finance verte et la montée en puissance de cette forme de finance : par sa croissance exponentielle en termes de capitaux, mais aussi par l’élargissement de son périmètre à des entreprises de moindre valeur capitalistique (au moyen des sustainability-linked bonds). Les experts ont également noté un souci accru de transparence ces dernières années, au moyen d’une taxonomie qui permet aux banques de proposer davantage de traçabilité sur la proportion de leurs activités qui contribue au financement de la transition.

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La matinée s’est poursuivie par une table ronde, introduite par la Présidente de la Région Occitanie et de Régions de France, Carole Delga, consacrée aux investissements des collectivités territoriales : « Sont-ils vraiment verts et comment les financer ? »

Renaud Schroer et Estelle Yung, élèves administrateurs territoriaux et co-auteurs de l’étude AFL/INET consacrée à la question, ont présenté la démarche dite « budgets verts » et son intérêt pour les collectivités : le potentiel de mobilisation qu’elle peut susciter au sein des services et son rôle de pilotage et d’aide à la décision pour les collectivités. En matière de mise en œuvre, les deux élèves administrateurs ont rappelé les clés du succès de la démarche de budgétisation : un portage politique volontariste, une construction de la démarche en interne, une automatisation maximale de l’analyse.

Pour poursuivre la discussion se poursuit, deux points de vue très concrets d’élus ont été mis en avant . Bertrand Artigny, Vice-Président aux Finances de la Métropole de Lyon, a présenté les objectifs assignés aux budgets verts à la Métropole de Lyon, qui a fabriqué ses propres indicateurs en rappelant que l’outil est une façon de mesurer l’adéquation des outils budgétaires avec les objectifs de la transition écologique. Bertrand Hauchecorne, maire de Mareau-aux-Prés, membre du bureau de l’AMRF et coprésident de la Commission Environnement de l’AMF, insiste quant à lui sur l’intérêt d’une démarche comparative entre collectivités, et présente une proposition de méthode simplifiée adaptée aux 32 000 petites communes françaises.

La matinée s’est cloturée par un contrepoint apporté par Julien Lefournier, co-auteur avec Alain Grandjean de L’illusion de la finance verte.  Parmi les limites qu’il pointe en ce qui concerne la finance verte, figure en premier l’absence de produit combinant un sous-jacent vert et l’existence d’une prime verte pour le financeur. Il conclut en conditionnant l’obtention de résultats à une évolution générale de la réglementation.

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Dédiée à la santé financière des collectivités, l’après-midi a été rythmée par la révélation du 3e Baromètre AFL sur le sujet. Assis sur les notes délivrées par l’AFL à chaque collectivité à partir des données de la Direction générale des finances publiques, il dresse un panorama global de l’évolution de la santé financière des collectivités au cours du dernier quinquennat. Les principaux enseignements du Baromètre sont exposés par Yann Doyen, Directeur des Engagements de l’AFL. Le premier est le décrochage provoqué par la crise, qui a interrompu une tendance à l’amélioration observable dans tous les types de collectivités. Le deuxième est la permanence de contrastes entre les types de collectivités. Le troisième est la tendance globale à l’amélioration de la santé financière sur 2021.

Ces effets sont confirmés et expliqués par Michel Genneseaux, DGS du département de l’Aisne, et Franck Claeys, Directeur Finances Territoriales de France urbaine. Le premier pointe le poids du reste à charge du RSA sur les finances départementales, le second insiste sur le volontarisme politique qui a conduit les grandes villes à assumer les dépenses au plus fort de la crise de 2020, et qui explique le trou d’air observé cette année-là. Thomas Rougier, Secrétaire général de l’OFGL, rappelle que l’ensemble des finances locales sont affectées par la question des droits de mutation, tandis que les Régions ont particulièrement été touchées par la baisse de la TVA. Philippe Rogier, animateur du débat, souligne quant à lui la situation très particulière du bloc intercommunal, dont la situation globale masque une forte hétérogénéité. Pierre Breteau, Président de la commission des finances de l’AMF et maire de Saint-Gregoire, conclut en exprimant ses craintes quant aux perspectives à court et moyen terme pour l’ensemble des collectivités, impactées notamment par l’inflation et la crise ukrainienne.

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