En début de mandat, quelle est selon vous la priorité en matière de stratégie budgétaire ?
Les premières décisions budgétaires d’un mandat sont souvent prises sous contrainte de temps, avec une forte attente politique et citoyenne. Pourtant, ce sont elles qui conditionnent l’ensemble du cycle municipal.
Un diagnostic financier, que l’AFL, la banque des collectivités locales, propose de partager avec l’exécutif, permet de mesurer précisément la capacité d’investissement réelle de la collectivité, d’identifier les marges de manœuvre et d’anticiper les points de vigilance. À l’AFL, nous observons que les collectivités, qui sécurisent cette première étape, se donnent les moyens d’agir dès les premières années, sans hypothéquer la fin de mandat, ni se retrouver contraintes à des arbitrages difficiles plus tard.
Comment concilier le nécessaire investissement en faveur des transitions, les contraintes budgétaires et les incertitudes économiques dans le contexte actuel ?
À l’AFL, nous avons développé un Baromètre financier, qui permet aux collectivités de situer objectivement leur situation budgétaire, à partir d’indicateurs partagés et lisibles. Cette lecture extérieure aide les exécutifs à disposer d’un repère clair, utile pour éclairer les arbitrages, dialoguer avec les élus et éviter des décisions qui pourraient fragiliser la fin de mandat. Dans un contexte incertain, disposer de ce type de point d’appui est un levier essentiel pour tenir ses engagements politiques sans mettre sous tension l’équilibre financier de la collectivité.
Cette conciliation passe par une approche prospective assumée. L’outil de notation, partagé avec les exécutifs locaux, permet d’inscrire les choix dans une trajectoire financière soutenable sur la durée du mandat. Nous pouvons éclairer sur la capacité d’emprunt, donc la capacité d’investissement de la collectivité.
Nous encourageons enfin la réalisation de plans pluriannuels d’investissement alignés climat, pour aider à garantir la cohérence entre la stratégie financière et la stratégie climat.
Quel rôle le choix du financeur peut-il jouer dans cette stratégie de début de mandat ?
Le financeur est souvent perçu comme un acteur technique, alors qu’il s’agit en réalité d’un partenaire stratégique du mandat. Les conditions de financement (volume, prix, durée et souplesse), la stabilité des relations et la capacité du financeur à s’inscrire dans la durée, ont un impact direct sur la mise en œuvre des projets et sur la capacité de la collectivité à faire face aux cycles économiques.
Un changement de stratégie bancaire en cours de mandat peut remettre en cause des choix déjà actés. À l’inverse, un acteur comme l’AFL, par son modèle et sa gouvernance, est conçu pour accompagner les collectivités dans le temps long, avec des intérêts alignés sur les leurs. Dans un mandat exigeant, cette stabilité constitue un véritable facteur de sécurisation de l’action publique locale. In fine s’appuyer sur l’AFL, c’est renforcer son pouvoir d’agir.