À l’heure où s’ouvrent les débats sur le PLF 2027, l’AFL, la banque des collectivités locales, et l’association des maires Ville & Banlieue de France présentent les résultats du premier Baromètre de la situation financière des communes avec un ou plusieurs quartiers prioritaires de la politique de la ville (QPV).
Réalisée à partir de la notation financière développée par l’AFL, cette étude inédite compare la trajectoire budgétaire des collectivités avec et sans QPV sur la période 2019-2025.
Premier constat : les communes avec QPV disposent de marges de manœuvre plus limitées que les autres collectivités de la strate, mais poursuivent leurs investissements en ayant davantage recours à l’emprunt.
Une situation financière maîtrisée, mais des marges de manœuvre structurellement plus faibles
Les communes avec QPV affichent une situation financière moins favorable que les autres communes de même strate démographique.
En 2025, leur note financière moyenne atteint 3,61 contre 3,00 pour les communes de plus de 3 500 habitants ne disposant pas de QPV. Cet écart demeure relativement stable sur l’ensemble de la période étudiée, les deux catégories de collectivités suivant des trajectoires comparables.
Cette situation reflète cependant des contraintes budgétaires différentes. Les communes avec QPV disposent d’un taux d’épargne brute plus faible (12,7 % contre 15,7 %) et d’un niveau d’endettement plus élevé (70,3 % contre 58,4 %). Elles conservent néanmoins des indicateurs de solvabilité satisfaisants, témoignant d’une gestion financière maîtrisée.
Des dotations de fonctionnement plus élevées qui ne compensent pas des charges plus importantes
L’un des principaux enseignements de l’analyse réside dans la capacité des communes avec QPV à maintenir un effort d’investissement soutenu malgré un contexte budgétaire contraint. En 2025, elles consacrent en moyenne 396 euros par habitant aux dépenses d’équipement, contre 464 euros pour les autres communes de plus de 3 500 habitants.
Le Baromètre montre également que les communes avec QPV perçoivent davantage de dotations de fonctionnement par habitant (381 € contre 258 €), traduisant l’effort de solidarité nationale à destination de territoires confrontés à des besoins plus importants.
Mais ces dotations supplémentaires ne suffisent pas à compenser le niveau plus élevé de leurs dépenses de fonctionnement et à rétablir des capacités financières comparables à celles des autres communes.
Elles disposent par ailleurs de moins de subventions d’investissement par habitant (88 € contre 99 €). Un écart qui pèse directement sur leur capacité à financer leurs projets. A noter que la typologie des communes avec QPV (davantage de villes de plus de 20 000 habitants) explique en partie ce chiffre. Les communes QPV de moins de 20 000 habitants perçoivent ainsi plus de subventions d’investissement par habitant.
Plus de recours à l’emprunt, mais une capacité d’investissement qui reste inférieure
Parce qu’elles disposent de marges d’autofinancement plus limitées alors même que leurs besoins demeurent élevés, les communes avec QPV s’appuient davantage sur le levier de l’emprunt pour financer leurs investissements.
En 2025, l’emprunt représente 33,4 % des dépenses réelles d’investissement, contre 21 % pour les communes ne disposant pas de QPV. Ce constat s’observe sur l’ensemble de la période étudiée.
Communes de plus de 20 000 habitants : un recours à l’endettement nettement supérieur
L’analyse révèle enfin des réalités différentes selon les strates démographiques.
Les communes avec QPV de 3 500 à 10 000 habitants bénéficient davantage de subventions d’investissement par habitant et présentent des niveaux d’endettement proches de ceux de leur strate. Elles affichent toutefois un taux d’épargne inférieur à celui des communes de la même strate sans QPV et à niveau d’endettement équivalent. Leur capacité de désendettement est donc légèrement plus élevée. À l’inverse, dans les communes de plus de 20 000 habitants, les écarts se creusent fortement : le taux d’endettement atteint 83,7 %, contre 54,3 % pour les communes comparables sans QPV.
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Toutes les collectivités françaises disposent d’une note AFL, comprise entre 1 (meilleure note) et 7 (note la plus dégradée). Cette note financière repose sur trois critères :
- la solvabilité, pondérée à 55%
- le poids de l’endettement, pondéré à 20%
- les marges de manœuvre budgétaires, pondérées à 25%
*Information réservée à l’exécutif et aux services de la collectivité.